Potiers d'hier - Les fouilles - Rue des Gravelles

Châtelet : nouvelles découvertes archéologiques dans le quartier des potiers, rue des Gravelles
(Dolores INGELS et Didier WILLEMS - Chronique de l’Archéologie wallonne – activités 2003)

Dans le courant de septembre 2002, la construction de logements rue des Gravelles à Châtelet a incité le Service de l’Archéologie (Direction de Hainaut I, MRW) à intervenir. La parcelle concernée par les terrassements se situe face au secteur où de nombreux vestiges d’habitats et d’artisanat ont été mis au jour lors de précédentes fouilles.

Le premier élément recoupé par les fondations était un tronçon de la courtine du rempart daté de la seconde moitié du XVIième siècle. Le mur, orienté à 38,5° nord, a été observé sur plus ou moins 35 m de long. Conservé sur 3,08 m de haut, il présentait une largeur à la base de 1,20 m et de 0,80 m à son niveau d’arasement. Un ressaut de 0,10 m de large était également visible. Le bâti montrait un appareillage irrégulier, constitué de moellons bruts de pierre calcaire, de taille moyenne, liés au mortier de chaux. Les zones voisines et donc la stratigraphie ont malheureusement subi de fortes perturbations au cours du dernier siècle. Après arasement, la courtine a servi de fondation aux structures d’habitat et d’atelier.

De ces dernières, très peu d’éléments subsistaient. Seuls quelques tronçons de murs, alignés sur le rempart, étaient encore visibles ; il s’agissait généralement de constructions de moellons bruts de calcaire où se mêlaient quelques fragments de briques. Le liant employé était le mortier de chaux.

Dans l’angle nord-est du chantier, le terrassement a mis au jour les restes d’un four de potier malheureusement recoupé par une citerne moderne. Il s’appuyait contre le mur construit sur la courtine. Deux blocs de maçonnerie de pierres calcaires liées au mortier de chaux délimitaient l’entrée du canal de chauffe, large de 0,66 m. Les parois du canal, qui s’évasait à l’arrière et se divisait en deux parties, étaient en briques, de même que le sol. En zone arrière, plusieurs empilements de céramiques, généralement des pots de chambres, ont été observés ; coincés dans un remplissage de terre, ils s’adossaient aux assises de briques. Une dalle de pierre, plus ou moins rectangulaire, assurait la stabilité du sol devant l’entrée du four. Lors de l’abandon et de la déconstruction du four, le canal a été remblayé à l’aide de terre rubétiée, de fragments de briques et de tessons de céramiques. Un amas de pierres comblait l’entrée du four.

A proximité, une fosse-dépotoir, de forme plus ou moins circulaire et au profil en cuvette, contenait de la terre brune mêlée de fragments de céramique, de centres grises, de chaux…

La majorité des céramiques découvertes consistait en grès avec, comme formes les plus courantes, les pots de chambre et les cruches. Cette production locale semble, à première vue, remonter au XVIIième siècle.

Ces éléments sont à mettre évidemment en rapport avec les vestiges des deux fours, les fosses-dépotoirs et les fondations de bâtiments mis au jour lors des fouilles de ces vingt dernières années. La suite des travaux sur la dernière parcelle encore libre dans cette zone devrait permettre de découvrir d’autres éléments mais aussi de poursuivre et d’approfondir l’étude de l’enceinte.